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Historique de la Société

La Société de protection foncière de Sainte-Adèle a été constituée en personne morale, en 1991, selon les lois du Québec, et elle poursuit des buts non lucratifs. Elle peut, en vertu de ses lettres patentes, protéger des terrains dans leur état naturel par différents mécanismes d'acquisition ou de conservation. À titre d'organisme caritatif, elle peut émettre des reçus pour fins d'impôts. Les noms des terrains qu'elle conserve font l'objet d'une attestation d'officialisation auprès de la commission de toponymie du Québec.

 

Mots de Claude-Henri Grignon :

« Imaginez un simple hameau où respire, autour d’un lac minuscule, la communauté des petites maisons d’un art baroque comme la plupart des maisons du Canada du XIXe siècle, et dont l’ombre dans l’eau semble puiser une couleur et une mobilité qui les font riantes et agréables à voir.

Le village est situé sur un plateau entouré de montagnes où pointent les épinettes et les bouleaux, où méditent les sapins à côté des érables touffus. Un lac sommeille au milieu du paradis. Une fois parvenus sur le plateau, vous n’êtes pas loin du ciel.

De cette élévation terrestre et spirituelle, et de quelque côté que vous portiez vos regards, une poésie intense se dégage de la campagne environnante. Les lignes brisées des collines se confondent au mystère des ravins et des vallons où dorment les lacs et les rivières à l’âme de cristal.

Je ne sais rien de plus ravissant, je ne sais rien de plus éblouisssant pour les yeux et pour le cœur qu’un lever de l’aurore, en plein hiver, sur ce pays de montagnes et de rêves. C’est un spectacle qui provoque une sensation « d’être éternellement », la sensation d’une joie parfaite…»

Claude-Henri Grignon, 1936
Un homme et son péché
(Les Belles Histoires des Pays d’en Haut)

Francois B. de Passillé (1919-2011)

 

Monsieur François de Passillé a été un personnage important de la création de la Société de protection foncière de Sainte-Adèle en initiant l'offre du don d'une partie importante de son patrimoine foncier à des fins de préservation du caractère naturel de Sainte-Adèle. Ci-dessous, lisez des éléments biographiques inspirants.

François Boullevraye de Passillé était le benjamin d'une famille de neuf enfants. Il a passé sa jeunesse à Sainte-Adèle, puis à Montréal. Il m'a parlé souvent de ce P'tit Train du Nord qu'il empruntait régulièrement et de ses longues marches depuis la gare jusqu'à la maison familiale, où il observait les choses et les gens. Il termina ses études en France. Là-bas, comme à Sainte-Adèle, il s'était construit deux résidences en montagne, l'une dans le département français des Hautes-Alpes, l'autre dans les Laurentides sur le petit mont adélois qui domine le chemin de La Laurentie. J'ai souvent fait une analogie entre ce goût de solitude en forêt de François et celui de Thoreau, grand poète américain de la nature, qui a vécu longtemps dans une cabane rudimentaire dans une forêt marécageuse de la Nouvelle-Angleterre.

Solitude ne signifie pas cependant isolement. La construction des deux chalets sylvestres fut le fruit de riantes et suantes corvées, mettant à l'oeuvre des dizaines de jeunes scouts. En effet, François s'est consacré pendant des années à la cause du scoutisme, tant en France qu'au Québec, à travers des activités de voile, d'excursion en montagne et de ski. Il y avait chez François une ouverture d'esprit peu commune qui s'expliquait sans doute par son travail social et éducatif auprès de jeunes pendant une quarantaine d'années, plus particulièrement les jeunes délinquants et les enfants à la recherche d'un foyer.

L'homme n'aimait pas les éloges. Ce n'est pas sans difficultés que je tente ici, en peu de lignes, de m'affranchir de cette contrainte, tant furent considérables les mérites de François Boullevraye de Passillé, éducateur, passionné d'histoire, bibliophile et animé d'écologie bien avant que ce mot n'ait été récupéré par l'usage courant. Aussi, le témoignage le plus éloquent à lui rendre, c'est de puiser dans la source vive de son humanisme. Il préférait l'action concrète aux paroles, mais une action toujours réfléchie, en vue du bonheur des gens, toujours inspirée par la nature. Non porté vers les réalisations flamboyantes, il préférait le travail tenace, soutenu, souvent dans l'ombre. François fut un guide que l'on aimait suivre, que l'on écoutait et dont on ne manquait pas d'être influencé par les gestes, qui laissent des traces indélébiles, sans doute parce que son travail fut tenace, sans compromis et que son engagement fut profond.

S'il fut une constante dans la carrière de cet homme, ce fut la réflexion, souvent solitaire, dans ses longues promenades sur la montagne de Sainte-Adèle ou encore dans le silence marin de l'Ile-aux Grues. Une fois à la retraite, il passait son temps à lire les livres qu'il avait toujours accumulés : sa richesse, son luxe, sa nourriture. Il consacrait beaucoup d"énergie à sa passion pour l'histoire, notamment de l'Amérique et des Amérindiens.

Mais surtout, ce fut un homme de la nature : il faisait corps avec elle, il la respectait, il l'apprivoisait, il l'appréciait à tout instant. Tant aux Isles-de-la-Madeleine, où il possédait un terrain boisé, tant en bordure du lac Baskatong où il avait un chalet rustique, tant à Sainte-Adèle ou à l'Ile-aux-Grues, ses lieux de nature étaient des cathédrales, son quotidien était sans arrêt un cri d'émerveillement devant un champ de fleurs sauvages, un jardin opulent et généreux, un soleil qui se couche pourtant chaque soir, une multitude d'oiseaux qui piaillaient autour de sa maison, en quête de l'abondante nourriture qu'il avait mise à leur disposition.

À propos de son boisé adélois qu'il avait hérité de son père, François s'était fait un devoir de le garder intact. Il y avait sans doute derrière cette volonté, une complicité implicite entre un père et un fils. Soucieux de maintenir ainsi le patrimoine hérité de son père dans son état naturel, il en a fait don à la Société de protection foncière de Sainte-Adèle, à charge de le conserver et de le protéger à perpétuité dans un esprit écologique. En hommage à sa mère, le boisé fut nommé boisé Marie-Bernard-du-Haut-Cilly. Un sentier écologique y a été aménagé et le boisé est voué à la recherche scientifique ou à l'éducation de jeunes étudiants.

C'est grâce à la vision de François de Passillé que la Société de protection foncière de Sainte-Adèle a été constituée en septembre 1991 et c'est aussi grâce à lui qu'elle pourra se développer en harmonie avec le respect intégral de la nature. La mission de la Société de protection foncière de Sainte-Adèle est toute entière à l'image de cet homme : en effet, cet organisme s'est donné comme principe d'accueillir des terrains dans le but exclusif de les conserver à perpétuité et d'y exercer des activités strictement écologiques, non commerciales, ni récréatives.

Avant son décès, François a offert à la Société de détenir une servitude de conservation sur un autre boisé lui appartenant et qui est voisin du Boisé Marie-Bernard-du-Haut-Cilly. En vertu de cette volonté exprimée, son héritier a acquis la propriété, sous réserve de conserver sa vocation sylvestre au boisé, qui joue un rôle important, car il est situé dans le bassin versant du lac Long de Sainte-Adèle. Le lac est menacé par le développement immobilier et le déboisement de son bassin.

En outre, François a décidé de donner à la Société son petit boisé des Isles, sis sur l'Île-du-Havre-Aubert. Il a opté de le désigner sous le nom de Boisé Macé-Jalobert, en hommage au capitaine de la Petite Hermine. Macé Jalobert accompagnait Jacques Cartier, son beau-frère, lors du second voyage du découvreur au Canada (1535-1536). L'équipage aurait alors longé et visité les Îles-de-la-Madeleine. Le donateur a choisi ce nom en hommage à sa mère, Marie Bernard du Haut Cilly, dont Macé Jalobert était l'ancêtre.

Cette donation revêtait une grande importance aux yeux de François. Elle fut faite pour témoigner symboliquement de la fragilité de la modeste forêt de l'Ile-du-Havre-Aubert ouest. Le déboisement, dû à plusieurs facteurs humains ou naturels, contribue à la vulnérabilité et à la fragilité de la nappe phréatique douce, au danger d'un manque d'eau potable, à court terme, et à la disparition progressive des espèces fauniques et floristiques. Cette forêt, quoique restreinte, constitue une barrière à l'érosion et à la pénétration du sable.

Il n'était de plaisir plus agréable que de faire une promenade en forêt avec François. D'ordinaire plutôt réservé dans ses paroles, aussitôt il nous entraînait dans le droit fil de sa réflexion du moment, sur la fragilité de telle ou telle espèce, sur un phénomène d'érosion, sur le sens d'une empreinte au bas d'un arbre. L'écouter discourir était un ravissement. Ses vastes connaissances furent toujours proches des choses simples, essentielles. Nous étions quelques amis, au sein de notre Société, à partager son amitié et nous sommes heureux de rendre un hommage à François de Passillé.

Rémi Moreau, président-fondateur (1991-2002) *
Société de protection foncière de Sainte-Adèle


* Ce texte n’aurait pas été possible sans l’aimable collaboration de Luc de Passillé, neveu de François. L’auteur l’en remercie sincèrement.

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